Sacrée la révolution !

Je publie cette note de blog rapido pour te proposer d’aller voir le film Tout ce qu’il me reste de la révolution. Il passe en avant-première au cinéma Utopia à Bordeaux, t’as vu, j’aime bien le taf qu’y fait Nico et j’étais trop short pour faire un papier dans un média pour lequel j’écris des piges (je le regrette).

Bon, je ne cause plus trop de cinéma ici, tu le sais. A part une apologie des Hammer Studios tous les huit ans environ et quelques piges pour des festivals de documentaires musicaux.

J’ai pris mes distances avec la notion d’ « expérience partagée » de la projection en salle.

Petit a, je pense bien que je ne foutrai jamais plus les pieds dans une salle commerciale : tunnels de publicité, seaux de popcorn, emballages au sol, fête du slip des téléphones portables  et rappel permanent de cette citation de Cioran : « le premier mot qui vient à l’esprit quand on va à l’UGC : extermination » (je cite de mémoire).

Petit b, je ne suis pas un fan inconditionnel non plus des publics de socialistes, de signataires hardcore de pétitions et de champions tout terrain du débat. J’avais présenté une soirée sur le death metal au cinéma et un mec assez relou, genre un chargé de TD à la fac, m’avait pris la tête sur le putain de bilan économique de l’Angola. Pas facile d’être un nihiliste (un nihiliste modéré, dans mon cas).

Cependant :

Je constate que depuis que j’accompagne ma mère au cinéma ces derniers temps, au départ presque plus en qualité de chauffeur que de cinéphile, je reprends goûts aux feel good movies du cinéma social français. Si je troque ma lecture du zine Chéribibi contre un abonnement à Télérama, foutez-moi tout habillé dans la douche sous l’eau froide, mais j’ai adoré aller mater Les Invisibles la semaine dernière, et Tout ce qu’il me reste de la révolution, hier soir.

Je voudrais dire du bien de ce film pour les raisons suivantes :

Il était projeté hier à Bayonne et à Biarritz (choisis ton camp, camarade). Je l’ai vu à l’Atalante (avec ma mère, donc), en présence de la réalisatrice et actrice principale Judith Davis. On s’est bien marrés et on a aussi été bien émus. Le coup de placer l’actrice Mireille Perrier en témoin vivant des années envolées, ça a très bien marché sur un type de public, comme, au hasard : ma mère. Dans la voiture alors que je la ramenais à sa maison, ma mère m’a dit  : « ah les vieux qu’on voit dans le film, c’est tout à fait nous quand on était jeunes ». Les syndiqués, les militants, les altruistes, les généreux, les socialistes, les parents : nous vous saluons.

Judith Davis a l’air hyper cool, comme ça, dans la life, elle est hyper drôle et, à l’écran, elle défonce. Elle a aussi un pur style. Ses T-shirts et ses pulls ont l’air trop cosy et elle a un bon look avec ses baskets noires, je trouve. Son personnage s’appelle Angèle, je me demande si c’était pour construire une sorte de Angèle Davis/Angela Davis, celle qui dans une chanson de Pierre Perret dit à Lily : « viens ma petite sœur, en s’unissant on a moins peur des loups qui guettent le trappeur (et c’est pour conjurer sa peur qu’elle lève aussi un poing rageur, Lily) ».

judith davis biarritz
Photo : Judith Davis devant le cinéma Le Royal, à Biarritz, avec ses valises, pendant que les spectateurs assistent à l’avant-première de son film. Community managers : n’essayez pas ça à la maison !

La B.O. du film est cool, avec ses instrus à la Kat Onoma et ses tracks qui procurent des chocs efficaces, comme des atémis bien secs contre le sac de frappe de la réminiscence : Wendy Rene (toujours imparable) ou, dans un autre style, un rondeau des z-Indes Galantes de JP Rameau.

Il y a une référence, complètement inattendue et à se pisser dessus de rire, à cette publicité que Johnny Rotten avait tournée pour une marque de beurre.

Il y aussi de belles références/citations poétiques dans le film : Walt Whitman, lu dans une banque, et une adaptation du post-scriptum de Howl de ce vieil échevelé d’Allen Ginsberg, c’est bonnard.

Je vous engage à aller voir ce film. Ce sera ma contribution au « bouche à oreille favorable », ce puissant outil marketing des boîtes de prod plutôt fauchées. Le film sort en salles le 6 février.

Je crois que c’est la première fois que je suis allé voir un film sur la foi de sa seule bande annonce. Je n’ai pas été déçu.

Débat ouvert et aussitôt refermé par Guillaume Gwardeath. Si vous aimez relire Allen Ginsberg, les T-shirt vintage Los Angeles 1984 et les classiques de la Hammer, vous trouverez encore plus de news en suivant mes réseaux sociaux :

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