Le secret pour Dürer (suivi de Ti-grrr-gre adoré, monstre aux airs indolents)

Voici Eve de Dürer au Prado à Madrid, au max du zoom de l’amateur d’art, d’allégories, de signes et de leurs interprétations :

Recadré ainsi, car la nudité qui n’était pas censurée dans les cours d’Europe au début du 16eme siècle l’est à fond aujourd’hui sur les réseaux sociaux.

Admiratif et un peu paralysé, devant le tableau (c’est un diptyque, en fait, de l’autre côté attend Adam bien entendu, paré à pécho), on a l’impression qu’Eve est en mouvement – j’ai envie de dire qu’elle danse (Tes yeux où rien ne se révèle de doux ni d’amer sont deux bijoux froids où se mêle l’or avec le fer).

En espagnol Dürer se dit et s’écrit Durero, mais moi je dis et j’écris Dürer, et sur mon carnet de notes, avec mon stylo feutre Paper Mate et mon écriture plutôt script, le ü de Dürer fait comme un smiley, c’est-à-dire un sourire qui a quand même une drôle de gueule (De ces baisers puissants que reste-t-il ? Rien qu’un dessin etc. – bon, je cite de mémoire, c’est foireux).

Le musée est immense, immense, et tu t’y perds (j’ai du demander mon chemin pour aller voir un Brueghel en particulier et je me suis senti tellement mais tellement nul : à cause de l’émotion j’ai confondu ser et estar).

A bientôt pour d’autres compte-rendus de visites de musées.

Gw.

PS 1 : Alors que je rédigeais cette courte chronique en écoutant Was It Me de The Exploited , j’ai fait volontiers une pause pour écouter de nouveau la chanson de Gainsbourg. Dans la foulée, je n’ai pas pu m’empêcher de sortir de son rayon l’exemplaire des Fleurs du Mal qui habite dans cette chambre sous les toits où je passe l’été :

Baudelaire Les Fleurs du Mal

J’aime bien y lire des vers nouveaux, ou oubliés. Je viens de tomber sur des vers assez jolis où comme d’habitude ce bon vieux Chuck en fait des tonnes (« je veux dormir plutôt que vivre dans un sommeil aussi doux que la mort bla bla bla« ) mais pour évoquer l’ « âme cruelle et sourde » d’une meuf, qui, en gros, ne veut pas sortir avec lui, il balance un très bel alexandrin : « Tigre adoré, monstre aux airs indolents« .

PS 2 : J’ai dit « alexandrin » mais c’est un décasyllabe. Merci de ne pas me retirer de points à mon bac de français. Mais ça peut faire un alexandrin si on prononce : « Ti-grrr-grrr adoré, monstre aux airs indolents », je viens de recompter sur mes doigts.

PS 3 : Si vous aimez les bons jeux de mots détendus du style « t’as le bonjour d’Albrecht », vous trouverez encore plus de news en suivant mes réseaux sociaux :

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