Musical Ecran 2016

Documentaires musicaux à Bordeaux : un vrai festival

#okdoc

Le festival Musical Ecran (deuxième édition) a lieu à Bordeaux du 16 au 22 mai.

Dans Clubs Et Concerts, j’ai écrit : « Un festival de documentaires musicaux. L’idée paraissait évidente, mais aucune des structures en activité sur l’agglo bordelaise n’avait pris le dossier en main.  Après un galop d’essai de très bon aloi l’année dernière, l’asso Bordeaux Rock renouvelle la manifestation ».

Séances au cinéma Utopia et afters à la Cour Mably au son des Dj sets.

Pure prog. Je recommande notamment :

>> They Will Have To Kill Us First, le doc sur les musiciens maliens Songhoy Blues, le lundi 16 mai à 20h30

>> Imagine Waking Up Tomorrow And All Music Has Disappeared, l’expérimentation dingo du gars de KLF, le mardi 17 mai à 21h30 (film présenté par Marc Bertin, de Junkpage)

>> The Devil And Daniel Johnston (un de mes DVDs préférés de ma collec), le mercredi 18 mai à 21h00

>> As Old As My Tongue, un portrait sur Bi Kidude de Zanzibar, le jeudi 19 mai à 18h00

>> NOLA : Life, Death And Heavy Blues From The Bayou, le film de VICE sur la scène metal de la Nouvelle-Orléans (que j’aurai le plaisir de présenter), le jeudi 19 mai à 20h00

>> Street Punk! sur les punks de Banda Aceh, le jeudi 19 mai à 21h45 (film présenté par Bertrand Grimault de Monoquini)

>> Lee Scratch Perry’s Vision Of Paradise, le vendredi 20 mai à 20h00, présenté en collaboration avec le festival Reggae Sun Ska

>> Rubble Kings, sur la naissance de la culture hip-hop à New-York, le samedi 21 mai à 14h15 (film présenté par Nicolas Guibert du label Tentacule Records)

>> Theory Of Obscurity, sur l’histoire de The Residents, le samedi 21 mai à 21h45

>> I Am Divine, sur l’icône dragqueen Divine, le dimanche 22 mai à 18h00, présenté en collaboration avec Cinémarges.

Bon, OK, j’arrête là : j’ai un peu l’impression de recopier tout le programme…

Infos pratiques en ligne ici : www.bordeauxrock.com

Voici la news parue dans le numéro de mai de Clubs Et Concerts :

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Collectionneur invétéré? Le PDF de cette page est disponible ici : page0040

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Une interview que j’ai faite avec Richard Berthou (vice-président de l’association Bordeaux Rock et coprogrammateur du festival) est à lire dans le numéro de mai du journal Junkpage :

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Si Junkpage n’est pas dispo dans votre block, voici une retranscription de cet entretien :

Comment programme-t-on un festival comme Musicalecran ?
Tout l’événement est conçu par Bordeaux Rock, en partenariat avec le cinéma Utopia, où se déroulent la plupart des projections. Nous avons aussi intégré des propositions de Monoquini et Cinémarges. Au final, la programmation est constituée d’exclusivités et de documentaires rares, qui seront présentés à chaque séance par un intervenant spécialisé.

Concrètement, comment trouvez-vous vos films ?
C’est compliqué. Il y a certes de grosses productions distribuées massivement, comme le film consacré à Amy Winehouse ou celui consacré à Nirvana que nous avions montré l’année dernière. En marge, il y a des documentaires distribués par de très petites sociétés de production, parfois obscures, qui sont plus ou moins les boîtes des réalisateurs eux-mêmes. Il ne faut pas hésiter à se rendre dans des gros festivals spécialisés dans la présentation des documentaires musicaux, comme In-Edit à Barcelone.

Beaucoup de films présentés ont en commun la thématique de la résistance, dont la musique serait la bande-son ?
Avant tout, on a voulu faire un festival très ouvert sur le monde, et en particulier sur les pays du sud. On s’est attaché à sélectionner des films qui démontrent la capacité de résistance et d’adaptation que permet la musique. Plus qu’une posture, la musique est un univers bien souvent à l’avant-garde des mutations au sein de la société. On peut citer le film sur les punks indonésiens, et NOLA, avec en toile de fond le tsunami à Sumatra ou la tempête Katrina à la Nouvelle-Orléans. Après une catastrophe, tout change pour les humains qui sont restés sur place et, bien évidemment, la musique aussi.

On pourrait aussi citer la résistance à la terreur islamique des Songhoy Blues de Tombouctou ?
Oui, ou même Rubble Kings sur la Zulu Nation à New-York, ou le film sur le « favela funk » au Brésil. On présente aussi des films sur des artistes spécifiques, comme Nina Simone, ou Lee Scratch Perry, des gens qui ont eu des trajectoires excessivement militantes, ou celui sur le chanteuse de Zanzibar Bi Kidude, dont la musique est très peu écoutée chez nous, mais dont la vie est fascinante. Il est très intéressant de comparer les parcours de ces musiciens iconiques dans les sociétés.

On pourrait dire qu’il existe deux grands types de documentaires musicaux : ceux qui s’attachent à décrire tout un mouvement, et ceux qui se concentrent sur une figure de la musique en particulier – par exemple cette année le compositeur George Delerue, ou encore Daniel Johnston ou les Daft Punk…
On est un peu obligé de le faire. Notre public, ce sont des passionnés de musique qui ont envie d’entendre parler des figures qui les ont marqués. Avec un bon travail d’approche des réalisateurs, on découvre certaines facettes qu’on ne connaissait pas forcément. Je parlais de l’artiste dub Lee Scratch Perry : eh bien en visionnant Vision Of Paradise, on découvre toute une position philosophique clairement originale, et assez profonde. Il aurait pu être écrivain, dans une autre vie !

BONUS : ARKESTRAL MANOEUVRES IN THE DARK

« Monoquini aime s’échapper des voies balisées pour aller chercher des pratiques qui sont peu, ou pas, ou mal identifiées par le grand public. On va ainsi proposer un focus sur Sun Ra, génie de la musique afro-américaine actif des années 40 aux années 80, qu’on ne saurait simplement cataloguer sous l’étiquette du jazz, mais qui a mené diverses expérimentations avec le collectif de musiciens de son Arkestra, et un pionnier dans l’expérimentation des claviers électriques – le Moog, notamment. On a fait appel au sociologue Pierre Deruisseau, qui au travers du projet Astrophony interroge le rapport entre la musique et le cosmos, vaste thématique quelque peu mystique ! Le premier volet de son travail, intitulé Astro Black Mythology, se consacre essentiellement à l’imaginaire futuriste dans la musique afro-américaine et africaine. Bien évidemment, Sun Ra en est une figure emblématique ».
– Bertrand Grimault, président de Monoquini.

Projection et conférence le samedi 21 mai à 16h00.

PS : Vous aimez les salles obscures, la weed de la Nouvelle-Orléans, les punks des rues de Sumatra et les duos électro casqués ? Vous trouverez encore plus de news en suivant mes réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Instagram et Pinterest !

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