A Biarritz backstage avec Joe de Gojira

Pour leur unique concert en France de l’année 2024*, Gojira ont choisi de jouer bénévolement au profit de l’Ocean Fest, à Biarritz, le vendredi 26 avril.

J’avais publié ici l’annonce du festival : Est-ce que ce monde est Sirius ?

Rappel : le deal était de reverser tous les bénéfices de l’événement à des associations engagées dans la protection de la vie marine :

Sea Shepherd
Itsas Arima
One Voice

Il est encore temps de soutenir ces initiatives, n’hésitez pas !


L’intégralité du food court était végé/vegan, ce que j’ai trouvé hyper raccord. Il y avait des hotdogs, des falafels, des wraps, des bowls et des espèces de gros maki aux algues (mais sans poisson mort) assez bluffants. Bon, j’ai quand même vu des mecs plutôt circonspects devant les menus, du genre « on va bouffer que des graines »… Le festival avait pris soin de préciser « toute nourriture sera refusée à l’entrée » des fois que des tradis radicalisés essaient de s’infiltrer avec un peu de xingar planqué sous leur T-shirt Mass Hysteria ou des miettes de thon tassées en douce dans la capuche de leur sweat Sea Shepherd.

Deux mots sur le concert :

C’était bien joué de mettre en première partie des groupes locaux plutôt à contre-emploi : Zetkin (rock radical avec une grosse thématique féministe, bien bonnard, du chant en basque, en espagnol et un peu en français, et une reprise des Stooges – ¡ Me gusta ser una zorra !) et Orbel (très planant, subtil et atmosphérique).


Pause maki végé aux algues pendant Mass Hysteria pour oim (j’ai pris le maki, voilà).

Après quelques chants de baleine en intro, le concert de Gojira s’est ouvert sur le très approprié « Ocean Planet » de l’album From Mars to Sirius :


La setlist a bien couvert le dernier album en date Fortitude (Amazonia, Born For One Thing, Another World, The Chant…), et aussi Magma (Silvera, Stranded…) et donc From Mars To Sirius (avec un faux départ pour Flying Whales). En bonus : un petit bout du Yellow Submarine des Beatles et une parodie de Gojira par Gojira, avec Joe et Mario qui ont interverti leurs instruments ! Audacieux !

Ici mon side kick Johanna a filmé ce passage assez décontracté avec Mario (j’ai filmé aussi mais comme j’avais mangé mon maki géant avec les doigts j’avais malencontreusement obturé l’objectif de mon phone avec un bout d’algue séché ; il y a un écran noir sur toutes mes photos et vidéos, et en plus mon iPhone sent la marée basse) :


L’après-midi du concert, Joseph Duplantier a eu la gentillesse de me recevoir dans les loges pour m’accorder une interview

• [mise à jour : interview complète mise en ligne sur le site du journal Junkpage ]

Ça a été l’occasion de nous rappeler quelques souvenirs, de parler de l’expo à Bayonne de son père Dominique Duplantier (lire tout le topo ici) et d’évoquer l’album à venir.

En effet, m’a dit Joe, « on est en train de composer un album. »

Gojira a répété deux jours en résidence à la salle voisine de L’Atabal, à Biarritz, mais aussi « pendant quasiment toute une semaine à Ondres ».

Joe, qui a accueilli aussi des répétitions de Gojira dans son studio Silver Cord à New-York, était visiblement heureux de raconter que ces toutes récentes sessions ont eu lieu dans le « vieux local de répétition, chez papa », rajoutant : « C’est petit mais ça nous permet de nous reconnecter à d’anciennes énergies. »

Pour les fans, voir ici ce local historique présenté par Mario il y a deux ans pour la chaîne Riding Zone :

Comme les confidences de Mario avaient fait état d’un prochain album qui serait plus heavy, j’ai demandé à Joe si les nouvelles compos seraient dans la lignée du morceau “Our Time Is Now” que l’on retrouve sur la bande sonore du jeu vidéo NHL 2023

Réponse de Joe : « Je pense que ça va être encore plus lourd que ça ! On a comme un désir de retour aux sources, même si on reste un groupe avec une certaine ambition, et l’envie de continuer sur notre lancée. On travaille beaucoup en ce sens. L’album devrait comporter des morceaux assez fédérateurs. Je l’espère, en tout cas ! C’est notre but, tout en ayant envie d’infuser beaucoup d’éléments old school. On bossait sur un morceau, l’autre jour, dans le local et je me suis dit : “mais attends, c’est quoi ce truc ? C’est Slayer en 1983 ou quoi ?!” [Rires] Bon, celui-là, je ne sais pas s’il va faire son chemin jusque sur l’album… »



Autres précisions par Joe : « On a 80 ou 100 entités de morceaux. C’est la première fois que l’on travaille comme ça. On ne s’interdit rien en termes d’influences ou de composition, tout en sachant qu’il y a un certain nombre de choses à éviter, car il existe maintenant des “clichés Gojira”. On pourrait facilement se reposer sur nos gimmicks et nos sons, mais on n’a pas envie de “faire du Gojira”. Rien qu’en mettant bout à bout tous ces gimmicks qu’on a installés depuis le début, on pourrait composer un morceau entier ! [Imitation vocale très convaincante, et rires.] On essaye donc d’amener d’autres choses. »

A part ça on a parlé de feu (« Ce matin, étant donné les températures fraîches en ce moment, j’ai commencé la journée par le feu. Du feu et du café. Faire du feu me calme. »), de flammes (« On en a bouffé du “vous êtes écolo mais vous utilisez des flammes”. Je suis d’accord pour remplacer ces flammes par du tissu, car c’est important d’être cohérent avec son discours mais bon… les émissions de CO2 du fait de notre pyrotechnie, ce n’est pas grand chose en comparaison de celles engendrées par les moyens de transport de tous ceux qui se sont déplacés pour assister au concert. ») et de quelques autres confidences à retrouver dans l’interview publiée dans Junkpage.

Bilan à chaud : si ça se trouve on a réussi à sauver un ou deux rorquals, et à coup sûr au moins une bonne dizaine de phoques gris du Gouf de Capbreton, ces sacrés polygames à moustaches.




Envoyé spécial de Tarnos à Biarritz : Guillaume Gwardeath
Photographies live : Louis Derigon – Ocean Fest
Remerciements : Ocean Fest, L’Atabal Biarritz, Sandra (agence Panache), journal Junkpage











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