Tiger Bell : pom punk girls

J’ai interviewé les quatre meufs de Tiger Bell en mars dernier, après leurs balances, contre le mur extérieur du Bootleg, entre deux sorties de camion de pompier de la caserne d’Ornano, à Bordeaux. Hey, après le Point Ephémère à Paris, ça faisait leur deuxième concert d’affilée à proximité immédiate d’une caserne de pompiers. Waow. Pin pon girls.

Vous retrouverez ci-dessous la retranscription de l’entretien, sachant que j’ai prévu de publier un article sur le groupe dans le prochain numéro d’Abus Dangereux (juin 2013), avec un titre sur le CD sampler. Allez, on fait tourner le magnéto :

Ah mince j’ai oublié vos noms…
Canan : C’est pas grave. Personne ne se rappelle jamais de mon nom. C’est Canan.
Lisa : Moi c’est Lisa.
Lotta : Moi c’est Lotta. C’est plutôt suédois, hein. L.O.T.T.A.

Oh, comme la chanson de Led Zep, « Whole Lotta Love »…

Lotta : Oui ! Ou « Whole Lotta Rose » d’AC/DC.
Lovisa : Et moi c’est Lovisa.

Ah, comme la chanson du Butterfly Ball.
Lovisa : Hein ?
Oui : Lovisa-love-is-all !! [splendide imitation de Ronnie James Dio]
Tiger Bell : Ah ah ah.

Ok, on a brisé la glace. On peut commencer. D’abord, Lotta, sache que je suis content de pouvoir enfin voir ton visage. Sur les vidéos, on ne voit que des cheveux…
Lotta : Pour voyager, je porte un petit bandeau. Ah ah.

Mais je suis déçu : je pensais que vous seriez toutes en pom-pom-girls, là…
Lisa : Non, on n’est pas des pom-pom-girls à temps plein.
Lovisa : Je n’ai jamais fait ça de ma vie ! Je veux dire, pour de vrai.

En fait, le délire « cheerleaders », c’est juste un gimmick pour vous faire remarquer ?
Lovisa : Disons que c’était une façon de symboliser notre musique, cet univers à la fois pop et punk rock. C’est surtout visuel.
Lisa : Pour être une bonne cheerleader, il faut beaucoup d’énergie. Et il y a tous ces cris, ces encouragements répétitifs, les couleurs, la bonne humeur… Comme nous dans notre musique !

OK, vous avez les tenues adéquates, mais avez-vous déjà pratiqué du sport ?
Canan : J’ai joué au handball, et j’avais un assez bon niveau. Jusqu’à ce que je m’achète une guitare et que je décide de jouer dans un groupe de rock.
Lisa : Et on joue au foot, toutes les quatre. On joue aussi au basket.
Lovisa : J’ai fait de la danse, et aussi du tennis. Et j’avais aussi un bon niveau au foot jusqu’à mes 18 ans, et que je me mette à faire de la musique à temps complet.

Bon, et est-ce que vous faites du roller, les filles ?
Canan : Non. Moi je fais du skate, mais c’est tout. J’ai un peu patiné, mais c’était des patins en ligne.

Bien sûr, vous aurez compris que je veux savoir si vous pratiquez le roller derby ?!
Tiger Bell : Oh, non.
Lisa : C’est un sport si dangereux ! Il ne faut pas être peureux. On le voit bien sur notre clip vidéo : il y a des blessures tout le temps.
Lovisa : Mais c’est la même chose que notre délire de pom-pom-girls punk. Le roller derby résume bien notre musique et notre attitude. C’est pour ça qu’on voulait une équipe de roller derby dans notre clip. On a écrit cette chanson parce qu’on aime l’énergie de cette équipe ! On a cette énergie en commun.

Alors qui sont-elles ?
Lisa : Elles viennent de la ville de Lulea, dans le nord du pays. On a tourné la vidéo dans le gymnase où elles s’entraînent.
Lovisa : C’est aussi l’endroit où on s’entraînait quand on jouait au foot. C’est un endroit plein de souvenirs.

Vous avez aussi tourné la vidéo de la chanson « Wanna Wanna » dans une salle de sports ?
Canan : Oui, dans une salle de basket, dans une autre petite ville. On est un groupe de gymnases.
Lotta : On aime les petites villes, et les grands gymnases.

Cette chanson « Slaughter’s Daughters » est-elle devenue l’hymne de l’équipe ?
Canan : On leur a donné la chanson, aussitôt qu’on a terminé de la mixer et de la finaliser. Et maintenant elles ont commencé à la jouer avant les matches ! Elle accompagne leur entrée dans l’arène.
Lovisa : Et d’après ce que je sais, depuis qu’elles utilisent la chanson, elles ont gagné chacun de leurs matches !

Vous avez déjà joué pendant un match de roller derby ?
Lovisa : Non, mais ça serait cool.
Lisa : On a déjà joué pour le club de l’équipe de roller derby, à Malmö. Mais c’était une fête, pas un match. Et on a fait ça à Stockholm, aussi.

Le son est merdique en général, de toute façon, dans ces grands halls sportifs.
Canan : Mais on est habituées à jouer dans tous ces gymnases. Alors une fois de plus, une fois de moins.

Vous savez que vous démarrez fort avec cette tournée ? Vous n’avez quasiment rien sorti, à peine deux EPs et deux clips sur YouTube, et et vous vous retrouvez à tourner en tête d’affiche. C’est quoi le secret ?
Tiger Bell : On ne sait pas ! C’est à vous de le dire.
Lotta : Le secret : jouer de la bonne musique, et la jouer vite. Bon, c’est vrai qu’on est pas encore connues. Je crois que le secret, c’est que la boîte de prod [Imperial, pour le festival Les Femmes S’En Mêlent] qui a monté la tournée nous aime vraiment.
Lovisa : Et nous en sommes pleinement reconnaissantes. J’aimerais bien qu’on fasse partie d’une nouvelle vague pop punk suédoise. Ou même la commencer, ce serait encore mieux. Parce que cette vague-là, on ne la voit pas. Peut être parce qu’en effet on en est en tête ? Le punk rock cartonnait en Suède dans les années 90 et au début des années 2000, mais maintenant c’est electro et indie pop.

EP-SKATES2

C’est important, pour vous, de sortir vos disques en vinyle ?
Lotta : Tout est sorti parallèlement sur les sites de distribution digitale, mais c’est important d’avoir quelque chose de physique, que l’on peut tenir dans ses mains, regarder, et… sentir.

J’ai vu que vous avez inclus « Ça Plane Pour Moi » de Plastic Bertrand dans votre setlist ? Je ne savais pas qu’elle était connue en Suède, cette chanson ?
Lisa : Au début des années 90, il y a eu une version par Leila K, qui avait bien marché en Suède. Une reprise vraiment cool, qui a popularisé cette chanson.
Lovisa : J’ai vraiment essayé d’apprendre les paroles. J’espère arriver à la chanter entièrement ce soir.

Bon, alors, puisque vous aimez sentir les disques, je vous offre le 45 tours de « Ça Plane Pour Moi » pour votre collection. C’est le pressage original de 1977 !
Tiger Bell : Waow, merci. On te filera nos disques, tout à l’heure, avant le concert.

CA PLANE POUR MOI 2

Cool. Avant de terminer, par pure curiosité, vous pouvez me dire quoi parle cette chanson, « German Boy » ?
Lovisa : Ça parle de ce garçon allemand que j’ai rencontré, une fois. Et, euh, voilà voilà. On a dansé, et, euh…
Tiger Bell : Ah ah ah.

Bon. Peut-être qu’à la fin de la tournée française, tu auras assez d’inspiration pour écrire une chanson «French Boy»?
Lovisa : Peut-être bien. On verra. Je changerai peut être les paroles en « French Garçon ».

En tout cas, profitez-bien de votre séjour ici.
Lotta : Le temps est magnifique. On se croirait en été. Quand est parties de chez nous, il y neigeait encore. Dommage qu’on n’ait pas le temps de visiter en tournée. On peut juste repérer des endroits où on aimerait bien revenir.

OK, je vous laisse mes coordonnées. Vous pourrez squatter ma maison. C’est une invitation.
Lotta : Merci. C’est ce qu’on aime. Vacances gratuites. Wifi gratuit.

www.tigerbell.com

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