De Duivel Maakt Drie

J’adore Bruxelles et c’était un plaisir d’y faire cette étape a priori imprévue, pour assister à un concert de la tournée européenne de The Devil Makes Three, auquel je suis arrivé quelque peu fracassé.

THE DAY BEFORE - 500

Flashback des dernières 48 heures : départ Portland, dans l’Oregon, au volant de la Chevrolet de location jusqu’à Seattle. Un dernier diner at Denny’s. Check des emails et de la guest list depuis une piaule d’hôtel à Seatac, la ville type Legoland constituée de la jonction artificielle de Seattle et Tacoma, dans la zone de l’aéroport. J’abandonne le crew à sa nuit de sommeil et je prends une navette vers l’aérogare. Dernier billet de $1 au gars-qui-ne-dort-jamais-mais-qui-charge-et décharge-mon-sac-de-baseball. « Ah vous êtes français ? » qu’il me dit, « vous avez vu le film The Patriot ? Il y a ce Français qui dit qu’il est bien rasé et tout impeccable , comme ça s’il doit mourir, au moins il mourra bien habillé… » OK, merci. Je passe une main philosophe sur mes joues et mon menton rasés de frais.

Vol jusqu’à Philadelphie. Transit. Vol jusqu’à Paris Charles de Goal. Prochain transit : chez mon pote Mickson à Lille. La gare TGV est évacuée pour cause d’alerte au colis suspect. Patience dans la froidure. J’ai bien fait d’acheter ces barres Cliff Hanger avant de quitter le sol US – tant pis pour les petits cadeaux aux sportifs vegan. La gare rouvre, mais le train se fait attendre. L’euphémisme « accident de personne » résonne dans les hauts parleurs. Je finis par m’effondrer dans un train prêt à foncer à travers les champs de betterave. Rencard avec le Micksonosaure, et discussions à bâton de dynamite rompus sur fond d’intense playlist 90’s. L’original esprit Sub Pop me colle aux talons (NB : petit cameo sur le blog de Crust Caviar ici)

Nuit de jet lag : un cauchemar (seul, courant désespéré dans les travées d’un train fou, remontant en tête de convoi pour tenter de contrôler la bête humaine, mais trop tard : la locomotive s’est détachée et dévale la pente, à vive allure, nous condamnant à un crash imminent) et un rêve chelou que j’espère prémonitoire (un mariage sur le site historique de Stonehenge le jour du solstice d’été).

RAPTOR SHACK

Un veggie burger au Raptor Shack avec Mickson & Miss Mickson puis de nouveau sur le cul et sur le quai, gare Lille Europe. Nouvel « accident de personne » et attente à rallonge. Je préférais les cafés americano filtre de Hawthorne Boulevard aux expresso que des garçons de café balancent sur le faux marbre. Mon train pour Bruxelles pointe le bout de son tarin fuselé. Je me faufile parmi les Flammandes de 1,85 mètre qui rentrent au plat et natal pays. Gare du Midi. Métro Zuidstation > Ijzer. Valise larguée chez mon pote sénégalais Babacar. Douche express. Falafel chez Mr Falafel, le meilleur snack végétarien de tout le Anspachlaan.

J’ai du mal à y croire, mais il ne me reste plus que cinq minutes de marche et je suis enfin en place pour assister au concert de The Devil Make Three. C’est la première fois que je les verrai hors de France.

L’Ancienne Belgique est une salle mythique mais l’AB Club, à l’étage, illustre à mon sens toute la dérive mercantile et productiviste du bizness du spectacle.

Accueil walkie talkie. 
Le bar est hyper froid et le serveur sourit avec le niveau de convivialité d’un jeune ayatollah qui sait que la perspective de passer son séjour dans l’au-delà les doigts de pied baignant dans le fleuve de miel pur du paradis s’éloigne à chaque fois qu’il sert un verre d’alcool à un mécréant occidental.
 Pour payer les consos, pas de cash : ni euros, ni dollars, pas même de francs belges, mais des jetons, à acheter à un automate vissé au mur dans les escaliers de l’entrée. Payable par carte de crédit uniquement. Ce qui veut dire que, quand tu as une carte standard comme un prolo de ma race, ta banque ne manquera pas de te prélever 3 euros de frais sur ta transaction, ce qui te fera cher la bière. Les gens font deux fois la queue, comme dans les festivals d’été : d’abord pour les jetons à la con, ensuite pour commander leur coup à boire. C’est quoi le problème sérieux avec le fait de payer directement avec du bon vrai pognon ? Le personnel piquait dans la caisse ? Vous n’aviez qu’à le payer décemment !

Dans un recoin sombre : des casiers de consigne comme ceux de la piscine municipale, qui te piquent ta pièce avant de se mettre à fonctionner et qui, non, ne te la rendent pas. Il ne manquait plus que des caisses automatiques à la billetterie, comme à Carrefour. Et Issac Azimov régisseur général.

J’ai voulu aller pisser, mais j’ai eu peur qu’il faille mettre sa bite dans le trou d’un robot puis insérer sa Visa Gold ou une pièce de 2 € pour la récupérer – j’étais à court de monnaie et je n’ai pas pris de risque inutile.

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Ah oui, deux mots sur le concert de The Devil Makes Three, quand même.

 La première partie de leur set a été plutôt sage, limite froide pendant les premiers morceaux. Je me suis même demandé s’ils s’étaient engueulés sur la route ou quoi ? En fait, non, c’est juste leur manière de faire monter la sauce et de mouiller peu à peu la chemise. Autant vous dire que la deuxième partie de leur show a été sacrément endiablée – rien de plus normal pour un groupe qui invoque le diable dans son nom-même !

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Sur certains morceaux, comme The Johnson Family, le groupe est rejoint par leur roadie (au violon) et/ou la fille qui tient le merch du band (au violon ou au violoncelle). Effet waow garanti.

Cooper McBean (banjos/guitare) a chanté sa compo fétiche, Gracefully Facedown, ainsi qu’une reprise, possiblement de Steve Earle, mais je n’en suis pas sûr.

Il a aussi interprété une reprise de Roger Miller. Roger Miller n’est pas hyper connu dans nos country contrées, mais il est peut être bon de préciser que dans la version originale de Robin des Bois (le film d’animation de Walt Disney), c’est lui qui fait le coq :

Cooper McBean n’a pas chanté les aventures d’un coq troubadour, d’un renard délinquant et d’un ours pataud dans l’Angleterre médiévale,  mais une version de The Moon Is High – une chanson sur un gars qui s’appelle Billy, comme moi, en somme :

Lucia Turino (contrebasse) a chanté une chanson de Doc Watson, ça j’en suis sûr. Celle-ci :

Un gars dans le public a crié « jouez du Slayer ! ». En fait, le mec (pointu) a fait une référence au cri similaire que l’on entend sur leur live « A Little Bit Faster And A Little Bit Worse » de 2006 – Cooper (je suis suppose que c’est lui…) moulinant du tac au tac le riff d’intro de South Of Heaven avant que ne soit lancé le morceau Shades : http://www.deezer.com/track/68945133

« Voici ce que l’on peut jouer qui se rapprochera le plus de Slayer », a répondu Peter Bernhard (chant/guitare) avant d’envoyer Dead Body Moving.

Le concert s’est achevé dans la joie et sur leur Bangor Mash enchaîné avec St. James Infirmary.


Enorme ovation du public. Stand de merch pris d’assaut. Un succès total, une fois de plus. 

C’était la septième fois que je voyais The Devil Makes Three en concert. C’est à dire que si on raisonne en temps cumulé, j’aurais passé, dans ma vie, une semaine entière avec The Devil Makes Three. Ce n’est pas si mal.

Ne les ratez surtout pas à Paris le mercredi 8 avril.

Et n’oubliez pas que j’ai mis en ligne ici la Gwardeath Mixtape spéciale The Devil Makes Three !

Sur ce, Bruxelles, je suis allé dans un estaminet écouter des chansons. Dernière chance pour prétendre que cette démarche d’aviron qui traîne que je me paye en fin de soirée, c’est la faute au jet lag.

Photo dans la chambre d’hôtel par le gars John. J’ai pris les photos Instagram, sauf la photo prise depuis la scène, postée par Spencer Swain, le roadie du groupe.

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