Cinéma Le Festival (vingtième anniversaire)

La 3D, c’est bien. La dimension humaine, c’est encore mieux. A l’occasion des vingt ans du cinéma Le Festival (barrière de Bègles), j’ai interviewé son directeur Fabrice de la Rosa dans Junkpage :

DESSEINS ANIMES

Ci-dessous, pour les globe-trotters qui ne seraient pas en mesure de mettre la main sur le journal Junkpage, voici

1 – le PDF de cette page, scannée avec amour, juste ici :

LE FESTIVAL – JUNKPAGE

2 -le texte de l’article : DESSEINS ANIMES

Ultime survivant des cinémas que l’on trouvait le long des boulevards de ceinture, Le Festival est bien sûr connu pour ses Nuits Magiques, le gros événement de sa saison. La singularité du lieu est forte : il s’agit du premier et unique cinéma de France dont la programmation publique est exclusivement consacrée aux films d’animation et aux effets spéciaux. A l’heure où l’établissement fête ses vingt ans, Fabrice de la Rosa, son directeur, nous fait part des intentions dont il est animé.

Puisque Le Festival fête ses vingt ans, je vous propose de nous faire un petit flashback…
Eh bien avant qu’il ne soit reconstruit, se trouvait ici un cinéma qui s’appelait « le ciné-théâtre Albert Ier ». C’était un cinéma généraliste, comme il en existait aux barrières des boulevards. En 1995, la mairie de Bègles a racheté le cinéma, l’a détruit et a fait construire Le Festival. J’ai repris l’exploitation il y a sept ans suite à un appel d’offre auquel, en gros, personne d’autre n’a répondu. Je faisais déjà le festival Les Nuits Magiques, et mon projet a été trouvé digne d’intérêt.

Votre idée, c’était la spécialisation dans le cinéma d’animation et les effets spéciaux…
Les débuts ont été un peu difficiles. Il a fallu installer ce concept. Si j’ai proposé ce projet, c’est que mon métier, c’est le cinéma d’animation. J’ai été animateur sur des séries pour la télévision, j’ai réalisé des courts-métrages, j’ai été distributeur de films d’animation, j’ai enseigné l’animation, j’en ai écrit un guide et je m’occupe du festival Les Nuits Magiques depuis vingt-cinq ans. Qu’il y eut un lieu consacré, c’était pour moi une continuité logique.

Qu’entendez-vous par « effets spéciaux » ?
Je parle de ceux qui sont faits en animation, soit en images de synthèse, comme cela se fait maintenant, soit en marionettes, comme dans le King Kong de 1933 ! Ce sont ces films-là que l’on passe. Je ne suis pas preneur de films où les effets spéciaux, ce sont des cascades ou des explosions… Il y a une logique, et elle est en rapport avec mon itinéraire.

N’avez-vous jamais eu la tentation du retour à la formule cinéma de quartier ou cinéclub ?
Non, la fiction ne m’intéresse pas. Ma démarche a toujours été de faire mieux connaître le cinéma d’animation qui existe à l’attention des adultes. Les gens ont trop tendance à considérer qu’il s’agit d’un cinéma réservé aux enfants. C’est une erreur. J’ai pris ce cinéma pour gérer un lieu spécialisé en animation.

Ce caractère exclusif ne vous a-t-il pas été reproché ?
Effectivement, au début, certaines personnes trouvaient dommage qu’il n’y ait plus de programmation classique, et nous disaient que le lieu était bien, tranquille, qu’il n’y avait pas grand monde. C’était bien ça le problème : il n’y avait pas grand monde ! La fréquentation baissait d’année en année. Or un cinéma, c’est une économie, il faut que ça tourne. Le Festival n’est pas un cinéma municipal.

Souffrez-vous de la concurrence des multiplexes ?
Avec la région parisienne, on est la région de France la plus chargée en fauteuils. Mais on est en train de remonter la pente et de regagner des spectateurs. On devrait dépasser les 30000 sur l’année 2015.

Votre public vient-il majoritairement de Bègles ?
Loin de là. Le public bèglais, c’est de l’ordre de 30 à 40 %. Le reste, c’est la métropole, et, en fonction des événéments que nous proposons, le département, voire un petit peu au-delà.

On peut voir dans le hall un projecteur 35 mm. Est-ce à dire qu’il n’est plus là que pour la décoration, à l’heure du numérique ?
Celui qui est exposé est celui qui équipait la petite salle (salle René Laloux, 78 places – NDLR) , car on n’a pas pu le garder dans la cabine. Il aurait été bien dommage de le jeter ! On a gardé celui de la grande salle (salle Paul Grimault, 290 places – NDLR). On passe encore du 35 mm, de temps en temps. D’une part, parce que certains films ne sont pas encore numérisés, le distributeur estimant que ce n’est pas rentable. D’autre part, et on va d’ailleurs le faire pour nos vingts ans, parce que l’on propose des soirées « ciné rétro », avec un film, des actualités en noir et blanc et un cartoon en couleurs, le tout en 35 mm.

Mais c’est un petit délire à la Eddy Mitchell, ça !
Exactement. Des délires, on en fait plein. On fait des séances déguisées, des soirées spéciales, des anniversaires, des festivals, on offre des apéritifs dînatoires aux spectateurs, on fait intervenirs des danseurs ou des chanteurs. On essaie de pas être un cinéma qui ne ferait que passer des films. On est toujours à la recherche de petits plus à proposer.

Votre maison est d’ailleurs connue pour ses « Nuits Coquines » …
Ah oui, on les fait en mai, c’est-à-dire au sortir de la haute saison. La bonne saison, pour le cinéma, c’est quand il ne fait pas beau : en gros, d’octobre à mi-avril. Après, ça décline. Le côté coquin est donc très attractif. C’est souvent drôle, mais les films abordent parfois des sujets plus graves.

Pour une tout autre tranche d’âge, vous proposez des sessions de Mario Kart sur écran géant. Mais là, on n’est plus dans le domaine cinématographique ?
Le jeu vidéo, c’est de l’image de synthèse. L’image de synthèse, c’est du cinéma d’animation. Donc on reste cohérent. Et le tournoi est couplé avec un film d’animation. D’abord le film, et après, le jeu.

Et bien sûr, il y a toujours le temps fort des Nuits Magiques.
Ce sera les vingt-cinquièmes Nuits Magiques, au mois de décembre, avec une formule un peu renouvelée. Il y aura toujours la compétition internationale de courts métrages. Et nous aurons le plaisir d’accueillir Michel Ocelot (réalisateur de Kirikou – NDLR), qui est le parrain du cinéma Le Festival, dont nous verrons des courts métrages inédits.

Pourra-t-on acheter du popcorn avant les séances ?
Non. C’est nous qui nettoyons les salles, et nous ne sommes pas friands de popcorn écrasé.

Guillaume Gwardeath

Cinéma Le Festival, 151 boulevard Albert Ier, Bègles

Soirées spéciales et animations pour les 20 ans du cinéma, du mercredi 7 au dimanche 11 octobre.

www.cinemalefestival.fr

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