L’Encyclopédie de la Parole (can you talk the talk ?)

Au commencement était le verbe, est-il écrit dans un texte célèbre. L’Encyclopédie de la parole tente de faire le point sur la suite.

J’avais passé une excellente soirée il y a deux ou trois ans en allant voir sa Suite n°1 au TnBA dans le cadre du festival Chahut. La compagnie revient avec la Suite n°2 (jusque là, le compte est bon) dans le cadre du festival novart 2015.

A cette occasion, quelques contributions dans la presse culturelle :

1 – Une news en ligne sur BDXC

2 – Une page de news dans Clubs Et Concerts :

ENCYCLOPEDIE PAROLE-CC89

3 – Une interview d’Elise Simonet (Encyclopédiste de la parole plénipotentiaire) dans Junkpage :

ENCYCLOPEDIE PAGE JUNKPAGE

Crédit photo : Florian Leduc et Bea Borgers

Ci-dessous, pour les voyageurs qui ne sont pas en mesure de mettre la main sur le journal Junkpage, voici, le texte de l’article.

Vous pouvez aussi télécharger le PDF de cette page, scannée avec amour, juste ici :

A PROPREMENT PARLER (PDF)

De quoi parle-t-on ? Il s’agit d’un cycle de suites chorales avec pour fil conducteur la reproduction vivante d’enregistrements tirés d’une collection, dite Encyclopédie de la parole. Le projet est mené par un collectif de sept encyclopédistes, occupés à mener ce travail de collecte et d’archivage de tous les matériaux possibles liés à la parole vivante, pour en organiser in fine la représentation, que composera et mettra en scène Joris Lacoste. Après une Suite n°1 donnée au TnBA il y a deux ans dans le cadre du festival Chahuts, une Suite
n°2 est présentée, sur la même scène, dans le cadre du festival Novart. C’est à ce sujet que l’Encyclopédiste Elise Simonet prend la parole.

Avec vos collègues Encyclopédistes, vous collectez la parole, ou des paroles. Comment les choisissez-vous, comment les classez-vous et enfin qu’en faites-vous ?
Elise Simonet : On collecte toutes formes de paroles, du moment qu’elles ont été prononcées un jour dans le monde. On les classe non pas par rapport à leur sens mais par rapport à des catégories que nous avons retenues, comme la cadence, ou l’espacement. Après quoi, on en fait des spectacles. Au moment de l’écriture, notre axe a été de choisir des paroles qui font action : des paroles d’amour, des paroles de menaces, ou bien des paroles qui condamnent, qui demandent pitié, qui refusent, etc. Ce sont des paroles performatives.

Quelle va être la principale différence en comparaison avec la Suite n°1 déjà jouée à Bordeaux ?
Pour la Suite n°1, on avait fait un travail choral avec un groupe de onze interprètes et de onze amateurs invités à chaque représentation, tous dirigés par un chef de choeur. C’était basé sur la synchronie : tout le monde parlait en même temps. Pour la Suite n°2, on a un groupe plus restreint, juste cinq interprètes, et on travaille plutôt des superpositions. Un vrai travail musical d’harmonisation des paroles a été fait avec le compositeur Pierre-Yves Macé, qui a écrit des partitions, un peu dans l’esprit de ce qu’avait fait le musicien Christophe Chassol quand il avait harmonisé tout un discours de Barack Obama.

Mais s’agit-il d’un spectacle où l’on chante ?
Peu, mais il y a une ouverture, un final et, oui, des moments vraiment chantés.

WE DO THE FIGHT(c)florianleduc

Y a t-il toujours beaucoup de langues étrangères dans le répertoire ?
Il y en a douze. On a vraiment eu envie d’avoir un parcours dans le monde.

Vos acteurs sont polyglottes, mais ils ne sont quand même pas locuteurs de toutes ces langues ?
Parmi les comédiens, on trouve des Français, un Russe, une Croate et un Portugais. Tous parlent en effet plusieurs langues, et sont même assez virtuoses. Pour certaines langues, on a travaillé avec des coachs. On a dû particulièrement travailler l’arabe, le danois et le japonais, par exemple, ou bien encore l’espagnol avec accent colombien, pour un document venant de Bogota.

Mais comment le spectateur va-t-il décoder tout ça ?
C’est la grande différence avec la Suite n°1 : la place accordée aux surtitres ! Le spectacle est presque entièrement surtitré. Comme on s’est rendus compte que la place des surtitres allait être importante, on les a entièrement intégrés dans le dispositif de la scénographie. On a réfléchi à la typo à utiliser, à quel moment les faire apparaître, à la manière de contextualiser chaque document, etc.

Avez-vous déjà envisagé une Suite n°3, voire des suivantes ?

La Suite n°3 devrait impliquer un travail propre à chaque contexte, à chaque pays, à chaque ville. Ainsi, pour une représentation à Bordeaux, on viendrait faire une grande collecte en s’interrogeant sur ce qu’est une parole bordelaise, en terme de vocabulaire, de sonorité, de sujet… Quant à la Suite n°4, ce pourrait être un opéra.

Etes-vous, en tant qu’Encyclopédistes de la parole, dans la vie de tous les jours, excédés par les gens qui, selon l’expression consacrée, « parlent pour ne rien dire » ?
Au contraire. On les adore. Notre oreille va s’attacher en priorité non pas à ce que la parole dit, mais comment elle est dite. Les gens qui parlent pour ne rien dire, on peut les écouter comme de la musique. Juste la mélodie.

Guillaume Gwardeath

Suite n°2, par l’Encyclopédie de la parole, du mercredi au vendredi 23 octobre, à 20h00, TnBA, Bordeaux.

Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du jeudi 22 octobre, en bord de scène.

http://www.tnba.org

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