Mon ex-femme et la soucoupe volante : comment j’aurais pu partir en voyage de noces vers l’étoile Altaïr

Aux Editions Marchialy vient de paraître le livre-enquête Mauvais plan sur la comète.

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L’auteur, Jean-Charles Chapuzet, revient sur la vie de Jean-Claude Ladrat, ce Charentais devenu célèbre pour avoir construit une soucoupe baptisée « Ladritan » dans le but de retrouver son père extra-terrestre, dans les environs de l’étoile Altaïr.

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Vous avez peut-être connu cette histoire en lisant l’album « Gens de France » de Jean Teulé (paru chez Casterman en 1988, et réédité depuis en 2005 par Ego Comme X), en écoutant sur France Inter une des multiples diffusions du reportage d’Anne Riou pour l’émission de Daniel Mermet Là bas si j’y suis (archive disponible ici) ou bien suite à la diffusion de l’épisode de la série Strip Tease « La Soucoupe et le perroquet » à la télévision (en 1993, puis multi-rediffusée).

Pour assurer la promo du livre, des papiers ont été mis en ligne ces jours ci par Nova et Vice, plutôt honnêtes et sans mauvais esprit condescendant.

Je vous invite à les lire, ce sont des bons résumés factuels :

Ici, dans Vice : Mais qui est vraiment l’homme à la soucoupe volante ?

Ici, sur Nova : On a retrouvé le héros de « La soucoupe et le perroquet »

Depuis de nombreuses années, chaque réapparition dans le ciel médiatique de la soucoupe de Jean-Claude Ladrat m’évoque (outre mes souvenirs de lecture de Jean Teulé, de visionnage de Strip Tease et d’écoute de Là-bas si j’y suis) la fierté malicieuse de mon ex-femme Elisa, qui conservait à la maison tout un dossier consacré à cette affaire, dossier que nous compulsions de temps à autre, comme un petit plaisir secret.

archives Elisa

Il faut dire qu’Elisa, elle, est de Jonzac et avait vu et visité la soucoupe de Ladrat, dans le village de Germignac, à quinze bornes de chez elle, à la frontière de la Charente-Maritime et de la Charente.

Quand j’ai appris la sortie du livre « Mauvais plans sur la comète », j’ai immédiatement passé un coup de fil à mon ex-femme Elisa (on est restés en bons termes, comme de bons Terriens) pour qu’elle me rafraîchisse la mémoire…

Journal

C’est quand que tu as vu la soucoupe la première fois ?
Elisa : A priori en 1984, l’année de sa grande odyssée atlantique. J’accompagnais (comme souvent) mon père, journaliste de profession, parti en reportage à Germignac pour l’hebdomadaire local La Haute Saintonge.

Ah, je croyais me souvenir que c’était dans le cadre d’un devoir pour l’école ?
Pas du tout. Le devoir pour l’école, en CM1,  c’est une rédac du style « racontez votre week-end ». Et moi, ce week-end-là, j’avais fait un tour de soucoupe.

Tu as donc croisé les Ladrat ?
Oui, les Ladrat mère et fils. Je me rappelle la cuisine un peu cracra, et la visite commentée du Ladritan par Jean-Claude Ladrat. Souvenirs un peu flous, mais je garde l’image de la soucoupe, posée dans le jardin, au milieu des poules…

Ton père avait-il donné dans le sarcasme, comment la majorité de la presse à l’époque (« Soucoupe flottante », « La mer à boire », « Tempête dans un verre d’eau », « Ovni soit qui mal y pense », etc.) ?
Le sujet était quasi-systématiquement traité sous cet angle-là, oui. Mais on n’était pas allé au zoo, quand on est allés voir les Ladrat. C’était avec un amusement bienveillant, plutôt, je dirais…

JC LADRAT

C’est con que tu n’aies pas gardé les photos ?
Oh oui ! Mais c’était encore l’époque de l’argentique, bien sûr. Chaque semaine, le journal générait des centaines de photos, plus ou moins archivées dans leur pochette avec négatifs, légendées au stylo à bille. Je n’ai rien mis de côté à l’époque. Le stockage des photos ayant quelque peu souffert de gouttières, nombreux déménagements et autres aléas, mes dernières recherches se sont révélées un peu décourageantes… Mais je m’y remets à la prochaine occase !

Ben ouais. Pour l’Histoire. En tout cas tu devais vibrer, tous tes sens en alerte, quand la médiatisation s’est poursuivie : l’album de Jean Teulé, l’épisode de la série TV Strip Tease et les reportages radio sur France Inter ?
Mais oui : « j’y étais », et pas peu fière ! C’était la bonne anecdote d’enfance.

Je me souviens qu’on avait parlé d’y retourner ensemble à plusieurs reprises mais même si ce n’est qu’à 15 bornes de chez les parents, on ne l’avait jamais fait. Je pense qu’on a été retenus par une sorte de sentiment de respect, non ? De ne pas jouer les voyeurs malsains ? Surtout après la condamnation de Ladrat pour ces affaires de moeurs ?
Oui, probablement. On avait longtemps gardé l’image très sympathique et touchante d’un doux dingue rêveur mais pas totalement dupe – alors cette affaire sordide… J’y suis finalement retournée il y a…quoi, 9 ans, déjà ? Avec un copain aujourd’hui astrophysicien et originaire de Jonzac, lui aussi.

ELISA GERMIGNAC

C’était comment ?
On ne s’attendait à rien de précis, aussi longtemps après. On a trouvé une maison abandonnée, volets clos. La soucoupe était donc dans le jardin, l’ouverture béante. L’intérieur très abîmé par l’humidité, avec quelques objets quotidiens abandonnés là. La soucoupe était le Ladritan II. Celle que j’avais visitée, petite, c’était la première soucoupe. C’était amusant de se retrouver là, et en même temps tout ça respirait la tristesse et les rêves brisés…

Je suis un peu jaloux. Des fois je me dis que ça aurait pu être une bonne idée de voyage surprise après notre mariage en l’an 2000. Un voyage de noces sur Altaïr ! Via le Triangle des Bermudes !
Ah oui, c’est clair ! Mais les plages du débarquement en Normandie et le Repaire du Loup d’Adolf Hitler en Pologne, c’était très romantique aussi. Dans un tout autre registre, bien sûr.

Tu comptes lire le bouquin qui vient juste de sortir ?
Oui, probablement. D’autant plus que Jean-Charles (Chapuzet, l’auteur) est aussi un gars du coin, de ma génération, qui devait lui aussi avoir 10 ou 12 ans à l’époque. Ça fait partie de notre folklore, cette histoire !

Au final, c’est bien que ce soit un gars du pays qui ait écrit ce livre, non ?
Dans un sens, oui, je suppose ! Mais… c’est un peu chauvin, car cette histoire n’appartient à personne. 

Merci ma chérie pour tous ces souvenirs.
Je t’en prie.

Photo et archives par Elisa ex-Gwardeath.
Illustration de une : détail de la couverture de Gens De France, de Jean Teulé, paru aux éditions Casterman.

Propos recueillis par Guillaume Gwardeath.

GERMIGNAC

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