Le Puy du Hardcore ! De retour du Things We Fest

Il faisait un petit peu froid le soir mais c’était super.
Violette Bronx

Deux soirées en Vendée encore plus intenses qu’un Séjour Pass Emotion Week-End au Puy du Fou, laisse-moi te dire.

Ça a joué le vendredi 28 septembre de 19h30 à 2h00 du mat environ,  et le samedi 29 septembre de 15h00 à 2h00 du mat environ également, pour ce qui doit être un des meilleurs festivals de hardcore de France.

Ça se passait à Montaigu, qui est d’habitude une étape sur le chemin du Hellfest, juste avant Clisson, quand je fais la route en arrivant depuis l’autostrade de Niort avec mon copilote Skidz. Chaque année, depuis quinze ans, quand on passe au niveau de la commune de L’Herbergement, je demande à SKidz s’il s’est bien occupé de l’herbergement ; chaque année, depuis quinze ans, quand on passe au niveau de la commune de  Chantonnay, je demande à Skidz « tu pourrais me chantonnay un petit air de Slayer ou de Charles Aznavour ? » ; chaque année, depuis quinze ans, quand on passe au niveau de la commune de Boufféré, on se dit  avec Skidz « je lui Boufféré bien la chatte », etc.

Cette année mon herbergement était d’ailleurs au niveau de la commune de Boufféré (pour de vrai), ce qui m’a fait marrer environ vingt-sept fois pendant le séjour, dont deux fois sous la douche.

Le fest est de petite taille, ce qui favorise carrément les rapports humains. J’ai pu revoir pas mal de vieilles têtes, ce qui m’a bien réjoui. J’ai rencontré de nouveaux bons gars et de nouvelles bonnes meufs. J’ai enfin pu voir pas mal de bands dont j’avais beaucoup entendu parler ces derniers temps. Aucune déception, mis à part la difficulté à se ravitailler en café sur le site. J’aurais bien aimé aussi que le bar propose quelques infusions genre Nuit Tranquille ou des Yogi Tea, mais faudrait peut-être pas que j’exagère. Il y avait toutefois un très bon jus de pomme bio issu des vergers locaux, à tout les coups produit par un signataire de la Charte Qualité des Pomiculteurs de France tellement il était bon.

C’était organisé par Réglisse Asso et Things We Say.

Rien ne me permet de l’affirmer à cette heure, mais j’émets l’hypothèse que le nom de l’association, et donc le nom du festival, a été inspiré par le titre « Things We Say » du démentiel et séminal album Start Today du groupe de hardcore new-yorkais Gorilla Biscuits.

On pouvait voir les bands sur une scène extérieure + une salle à l’intérieur : le fameux Zinor, sorte de Zénith underground de Montaigu (85500).

ZINOR

J’ai bien peur que « Zinor » signifie juste « Zone Industrielle Nord », dans la mesure où, je vous le donne dans le mille, tout cela se situe au coeur d’une rieuse zone industrielle (au nord de Montaigu, bingo).

La scène extérieure, sous les bouleaux, avait des airs de scène de bal du 14-Juillet avec ses guirlandes de lumières. Il ne manquait que les petits fanions bleu-blanc-rouge.

Things We Fest ext.jpg

Très peu de jeunes dans le public, plutôt des gens dans la trentaine, et + si affinités, et beaucoup de mecs arborant les tenues noires et l’air concerné propres à la musique hardcore. Quelques mecs en chemise à carreau, les bras croisés pour mieux analyser les dernières tendances entre les Deux-Sèvres et la Mayenne en terme de jeu de scène , avec le même sérieux et la même concentration que le toubib qui te tâte pour bien vérifier si ces petites boules dures nouvellement apparues ce ne serait pas le début d’un cancer, par hasard.

Enfin, une affiche prohibait les danses et les attitudes « virilistes » (même si tout le monde ne l’avait pas forcément lue avec attention).

Döner universel
Are you radis for some darkness ? Ça a envoyé à fond du kebab vegan à la super cantine du fest. Avec amour. J’en ai mangé trois en tout, comme un gros gourmand. Pas de viande à ce festival donc, exception faite d’un peu de viande soûle, quand même.

Things We Eat

Quelques souvenirs du vendredi :

Ça a commencé par Long Way Home (venus de Nantes en voisins) sur la scène en plein air. Le chanteur buvait une espèce de boisson blanche à l’air un peu chelou. Du lait de yack ? Du lait de yack bio ? Du lait de yack bio vegan ?

Dans le bunker du Zinor, Cookies (Paris-Tours, comme la course cycliste) ont joué leur power pop punk en Converse à la Queers ou Groovie Ghoulies et chanté leurs histoires genre love story par textos. Il y aussi une chanson qui demande : « Would you be my date? », ce qui veut dire « Voudrais-tu sortir avec moi après un ou deux rendez-vous à boire des Loire Coca et manger des sandwiches aux pois chiches Chez Sam ? », je crois. Les fans n’en ont pas perdu une miette. Bon, tout dépend de votre politique en matière de cookies. Acceptez-vous les cookies ?

BLANK_SLATE_Things_We_Fest.jpg

Ah ouais, j’ai enfin vu Blank Slate de Périgueux. OK, c’était mortel. Hardcore école US old school référencé Adolescents/Circle Jerks. Ils ont annoncé faire une reprise d’un groupe de Lille mais je ne l’ai pas reconnue. Rapt ? Loudblast ? Marcel Et Son Orchestre ? Sérieux, j’ai pas reconnu.

On m’avait pas mal conseillé d’aller voir Sueurs Froides (Tours) en live : en effet, ils ont été très bons.

GW-Pendant-Sueurs_froides

Avec le bandana ci-dessus, c’est oim en train d’apprécier Sueurs Froides. On m’a fait passer cette photo, dont le crédit revient à une fille prénommée Laeti, mais que je ne connais pas. Salut Laeti, au plaisir de t’offrir un combo café + cookie

Løvve (Tours) ont fait un set intense et radical. Gini au chant envoie vraiment bien le steak vegan. Et, trop classe, avec un patch RKL cousu au dos de son T-shirt : ça, ça renvoie direct les meufs de la Fashion Week jouer aux billes.

Løvve_Things_We_Fest

Verbal Razors (Nantes-Tours-Orléans) ont tout défoncé, genre Fritz L’Eléphant à Tours place Nicolas-Frumeaud lors de la fatale parade du cirque Barnum & Bailey du 11 juin 1902. Le seul groupe à proprement parler crossover de ce fest – avec des éléments franchement metal dans leur mix. Il y a très peu de groupes dans ce style en Frankreich – je me demande si ce ne sont pas les seuls à pacser ainsi le thrash et le hardcore. A suivre absolument.

Verbal Razors Things We Fest.jpg

Avant que ne joue le dernier groupe, Zaperlipopette de Bâle (Suisse), j’ai vu qu’étaient entreposées sur scène des caisses remplies de boules colorées, de canons à confettis et de poulets en caoutchouc. Je ne sais pas comment allaient être utilisés ces accessoires, sans doute de manière participative et festive – ce qui, plus que ma curiosité, a excité mon envie de faire route vers Boufféré-Bien-La-Chatte pour une bonne nuit de repos et de cunilingus.

Quelques souvenirs du samedi :

Le « running order » annonçait quelques noms d’animaux, comme dans les zoos qui indiquent l’heure à laquelle le soigneur vient servir les repas dans les enclos. Attraction appréciée par toute la famille. On a ainsi pu voir Chacals (Angers) ou encore Krokodil (Reims).

uxa.jpg

Ah, oui, important : vers 14h15, il y a eu la projection de UxÅ – A journey to the heart of the Umeå Hardcore scene, un film documentaire qu’il me tardait de pouvoir enfin regarder,  ici présenté avec fluidité et passion par Romain Massé, un des trois coauteurs. De Refused à Cult Of Luna, la ville d’Umeå, dans le nord de la Suède, a connu l’émergence de bien des groupes remarquables. Je crois que DS-13 appelaient leur ville « Fukktown » (si je me souviens bien d’un live dont je leur avais acheté la cassette). Comment une telle Fukktown a-t-elle pu enregistrer un ratio d’environ 1 groupe de hardcore / 500 habitants ? C’est ce qu’explore ce très bon docu de 45 minutes. On connaissait les « rockumentaires », voici venue la vague des « documhardcore » !

Je ne suis pas un très grand fan de Refused (ni de Dennis Lyxzén, hein, même s’il apparaît assez cool dans le docu) même si j’avais acheté l’album The Shape Of Punk To Come quand il est sorti en 98 sur Burning Heart (comme tout le monde, hein). Mais je suis un grand fan de DS-13. J’ai passé un des meilleurs jours de ma vie quand DS-13, alors en tournée européenne, avait donné un concert à Bordeaux dans … le tout petit local où on répétait avec mon groupe de hardcore Donald Washington. Ça avait été épique. Même si on a dû être 25 ou 30 à tout casser à pouvoir voir le show, je suppose. OK, je digresse grave mais, hey, j’étais tellement à fond sur DS-13 ! J’ai d’ailleurs appris dans ce docu que le bassiste du groupe n’est autre que le frère de Dennis Lyxzén ! Forever Demon System 13 !

OK, retour à Montaigu Fukktown, avec les bands du jour :

Chacals (Angers) chantent en français, comme Trust, avec des mots forts comme « béton », « périphérique », « élite », etc.  Je ne sais pas comment s’intitule le dernier morceau qu’ils ont joué, mais phonétiquement on aurait pu croire qu’ils chantaient « bon anniversaire ! bon anniversaire ! », ça ferait un bon standard à envoyer pour fêter les anniversaires dans la scène hardcore française sauvage.

Stalled Minds (Paris) ont l’air d’être un spin off de Youth Avoiders. Très tendus sur scène. Cool projet, mais un peu desservis par une voix un peu perdue ce coup-ci.

J’ai maté Bitpart (Paris) un peu de loin, sorry, mais je crois que ça s’est fini avec une chanson qui faisait « You’re such a good friend » avec la voix bien noyée dans la reverb comme moi j’aime bien me noyer, selon l’heure, dans le jus de pomme, sous les plis de la couette, ou dans les justifications alambiquées.

Short_Days_Things_we-Fest

Comme ici devant Short Days, bien en place sous le soleil déclinant de l’endless summer vendéen, on pouvait bien voir, omniprésent au premier rang de chaque live, du Zinor Junior.

Le groupe Litige (Lyon) a l’air d’avoir eu pas mal d’amis présents, qui leur ont bien fait la fête. Certains souffant même des bulles de savon. Beaucoup de sing alongs et de riffs catchy.

Marée Noire sont originaires de Nantes et Brest mais aussi d’Angers, c’est pourquoi leur blase se prononce aussi Maine-et-Loire. Ils finissent leur set par un radical « Détruire La France ». Il pleut de la bière et tout le monde reprend en choeur. Dire que pendant ce temps les autorités  en sont encore à envisager de porter plainte contre ce pauvre Nick Conrad !

Till de Guerilla Poubelle (Paris) balance un laïus féministe assez bien vu, et de manière générale des présentations de morceaux pas du tout à-côté de la plaque. Je sais que son côté « bavard » est souvent moqué, mais je reste persuadé que ce groupe a pas mal contribué à faire évoluer les mentalités, si ce n’est à remettre en cause certaines certitudes. Sinon, GxP a parlé de dépression, de crise d’anxiété et d’avortement.  Un bon samedi soir sur la Terre, relax.

Grosse impression devant le concert de Bleakness (Paris), avec leur batteur nantais qui turbodéfonce tout. Super show.

Gros succès pour Syndrome 81, à croire que beaucoup de monde les attendait de pied ferme. Les poings sont levés. Les bras sont dressés. Complètement fou. Le public pète les plombs, et le répartiteur aussi. Voilà ce que c’est de balancer des pintes de bière sur des prises électriques au degré de protection niveau IK5 minimum.

Pour finir, Youth Avoiders ont joué un pur show de hardcore, qui a rapidement pris une tournure mi-Téléthon mi-Alerte Enlèvement dans le but de retrouver un sweat shirt Johnny Hallyday.

Youth_Avoiders_Things_We_Fest
Pendant Youth Avoiders

Things_We-Fest_Tribune_Présidentielle.jpg
La même scène, vue de la tribune présidentielle du festival

Et voilà
Ça été un cool festival. Un peu consanguin par moments. Genre le premier soir, on aurait pu penser que le projet avait été financé par le CCAS de Tours et le CRIJ Pays de la Loire. Même genre de délire le lendemain avec en gros les mecs de Lille et/ou Brest, non ?

Et puis, comme l’eût chantonnay le grand Charles : les comédiens ont démonté leurs tréteaux. Ils ont ôté leur estrade et plié les calicots. Ils laisseront au fond du cœur de chacun un peu de la sérénade et du bonheur d’Arlequin. Demain matin quand le soleil va se lever ils seront loin et nous croirons avoir rêvé. Mais pour l’instant, ils traversent dans la nuit d’autres villages endormis…  Viens voir les comédiens, voir les musiciens, voir les magiciens du hardcore.

A l’année prochaine
Ouais, carrément, à l’année prochaine. J’ai ouï dire que le crew était chaud pour remettre ça en 2019. Je bloque dès à présent mon dernier week-end de septembre.

MAKING OF

Texte et souvenirs photos : Guillaume Gwardeath.

Sauf : La photo prise par cette meuf Laeti.

Vous pouvez envoyer vos commentaires et vos super photo souvenirs, je les insérerai dans le report, no problem. Surtout si vos photos sont meilleures que les miennes. Vous savez, je fais surtout ça pour Instagram.

Merci : Degreff pour le café.

Ah, et si vous aimez les hot spots de Vendée et de manière générale, de nos beaux départements de France, sachez que vous trouverez encore plus de news en suivant mes réseaux sociaux :

Facebook

Twitter

Instagram

Pinterest 

 

 

Les commentaires sont fermés.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :