It’s a Mansfield.TYA’ s world

« Le duo féminin nantais » Mansfield.TYA  (mais l’une des deux est parisienne) se produit le mardi 13 octobre prochain au Krakatoa (Mérignac) et leur nouvel album, Corpo Inferno, sort chez Vicious Circle (place de la Victoire, Bordeaux).

A cette occasion, j’ai fait une news en ligne sur le site Bordeaux Concerts +  deux papiers :

1 – Une page de news dans Clubs Et Concerts :

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2 – Une interview dans Junkpage :

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Crédit photo : Erwan Fichou & Théo Mercier

Ci-dessous, pour les exilés qui ne sont pas en mesure de mettre la main sur le journal Junkpage, voici le texte de l’article :

Le duo féminin Mansfield.TYA reviennent avec un nouvel opus. En disque chez Vicious Circle et en présentation live au Krakataa.

LES ANCIENNES DE LA CORPO

Selon l’expression consacrée, le duo féminin poétique et post-rock Mansfield.TYA est à présent bien implanté dans le paysage musical français. Implantées, mais pas ensommeillées, Julia Lanoë et Carla Pallone semblent imprégnées d’une hyperactivité tranquille, se nourrissant de la diversité de leurs projets – avec toujours , quand les épisodes Mansfield.TYA sont suspendus, beaucoup de techno pour l’une (Sexy Sushi) et beaucoup de baroque pour l’autre (trio de cordes Vacarme).

Après trois albums et de nombreux EP, elles sortent cet automne leur nouveau long jeu, intitulé Corpo Inferno.


Votre label est bordelais. Quelles sont les raisons de votre fidélité à l’égard de Vicious Circle ?
Carla : Oui, nous sommes fidèles à Vicious Circle, avec qui nous travaillons depuis Seules au bout de 23 secondes, notre deuxieme album.
Julia : C’est un excellent label avant tout. Nous avons aussi les mêmes principes et plus ou moins les mêmes idées sur le monde de la musique et du business.

Votre nouvel album inclut une collaboration avec Shannon Wright – qui est aussi signée sur ce même label. Est-ce la raison de ce rapprochement, ou bien y a-t-il une histoire plus profonde derrière cette association artistique ?
Julia : Ça nous a aidé mais nous avons aussi des amis communs. Nous aimons Shannon depuis très longtemps. Cette collaboration a été un vrai plaisir.
Carla : Oui, nous sommes très honorées de cette collaboration, qui s’est faite assez spontanément en fait. En plus d’être fières et touchée du résultat. Je crois que c’est le premier texte avec du français de Shannon.


Corpo Inferno a des faux airs de concept album : l’avez-vous conçu en songeant à une sorte de fil conducteur ?
Carla : Non, cela n’était pas nécessaire. Nous avons fait une vraie pause après Nyx, cela nous a permis de repartir sur du nouveau pour Corpo, sans essayer de reprendre, ou continuer quelque chose.
Julia : Les morceaux sont venus tout naturellement. C’était le bon moment pour se retrouver. Nous avions des choses à raconter, à composer et à écrire. Même sans fil conducteur l’album reste homogène, je trouve.

Etes-vous entrées en studio avec un plan de réalisation totalement ficelé, ou bien avez-vous tenté sur place les divers arrangements dont votre album est riche ?
Julia : Eh bien, nous avons notre propre studio, « Sylvestre et Maucotel », sur la côte atlantique, donc nous avons la chance de composer et de créer en même temps.



L’occasion numérique fait donc le larron créatif ?
Carla : Oui, nous avons tenté plein de choses. Parfois c’est même difficile de choisir la version finale… Mais nous aimons chercher, tester, expérimenter :  la programmation fait maintenant partie de la composition.


Travaillez-vous avec un « producer » ou bien êtes-vous seules à décider de comment votre musique doit sonner ?
Julia : Le studio Shelter, où sont aussi passés Scratch Massive ou Acid Arab, nous a permis de faire ce que techniquement nous n’étions pas capables. Grâce à beaucoup de vieux synthés et beaucoup de patience.
Carla : Ils sont très forts, et nous étions en parfait accord artistique. Je leur suis très reconnaissante de nous avoir permis de réaliser ce qu’on avait dans la tête ! Grâce, ou à cause, d’eux, nous avons découvert… ou redécouvert…  les synthés analogiques. Du coup, j’ai passé beaucoup trop de temps cet été sur le site Audiofanzine à la recherche du clavier parfait pour notre live !

Votre résidence de création s’est faite à La Rochelle, dans la salle de La Sirène. Pourquoi ce choix de l’air rochellais plutôt que nantais ?
Julia : La Sirène est une super salle à La Rochelle. C’est très agréable d’y travailler car l’équipe est sensas, il y a du bon matos et c’est à côté de la mer, ce qui ne gâche rien ! Nous sommes restées une semaine pour travailler le live. Les morceaux vont être un peu différent de l’album et nous avons beaucoup soigné les lumières.
Carla : Je pense que c’est bénéfique de s’éloigner de son lieu de vie pour une résidence. Pour être à ce qu’on fait, entièrement. Et nous êtions un peu interessées car à La Sirène tout est parfait. Et on a mangé deux fois des huîtres !

Auriez-vous pu être tentées par la vie bordelaise, de par ce que vous en connaissez ?
Julia : Pour les gens, oui. Nous y avons donc notre label Vicious Circle, et plein d’amis. L’I.Boat est aussi un super lieu.
Carla : Oui, on dirait Nantes, avec plus de soleil semble-t-il…

Il y a quelques années, vous aviez fait un petit scandale lors de votre concert à l’église de Lignan-de-Bordeaux, dans le cadre du festival Ouvre La Voix. Vous souvenez-vous de cet épisode ?
Julia : C’était un scandale pour l’église mais pas pour nous. Je suis montée sur la table, l’autel, derrière moi et avec une voix de chanteur metal j’ai dit « la truie est à moi », la réplique très connue du film L’Exorciste. Il me faudrait sûrement suivre un processus de désenvoûtement car je me sens plus proche du diable que de Dieu.
Carla : Il faut dire qu’il y avait un malentendu au départ : ils attendaient de la musique classique et ont dû être un peu surpris de nous voir arriver! Je crains qu’après ca nous soyons maudites sur cinq générations!

De toute façon, l’art ne doit-il pas toujours inclure un peu de provocation ?

Carla : Je pense que l’art doit repousser les limites – des sentiments, des idées, des préjugés – inciter au questionnement et à la reflexion. Politique – ou pas. Dans Mansfield nous n’avons pas de discours politique en particulier, mais nous essayons de vivre en accord avec nos idées.
Julia : Les artistes peuvent et doivent provoquer mais pas seulement. Ils doivent avant tout questionner et sensibiliser. J’aime faire de la musique pour les émotions que nos chansons dégagent. Et avec Carla nous assumons la tristesse, le chagrin, la douleur … La musique et l’art ne servent pas qu’à faire danser ou rire. La société a du mal à laisser de la place à ce type de sentiments.

Rassurez-nous, la réconciliation avec le curé a bien eu lieu depuis ?
Julia : Non. J’attends encore son appel.
Carla : Pardonnez-moi mes péchés.


Mansfield.TYA, Album Corpo Inferno (Vicious Circle/L’Autre Distribution)

En concert le mardi 13 octobre au Krakatoa avec Maïa Vidal.


www.mansfieldtya.com

Bonus : le petit bout d’interview qui a dû être coupé faute de place dans le journal. Enjoy :

Je suppose que de nombreuses suppositions ont été faites pour deviner la signification des lettres T.Y.A. Quelles ont été les tentatives de décodage de votre sigle les plus surprenantes qui soient parvenues à vos oreilles ?
Julia : L’histoire la plus drôle est aussi la plus triste. Lors de notre dernière tournée nous célébrions les dix ans de June, notre premier album, et nous le rejouions sur scène à cette occasion. L’affiche était alors Mansfield.Ten Years After pour le clin d’œil à notre grand âge. Le vieux groupe anglais Ten Years After nous a alors demandé de virer le jeux de mot ! Ils ont déposé leur nom et donc il ne faut plus jamais utiliser cette phrase car elle ne nous appartient plus ! A bon entendeur !
Carla : On aurait dire « Taxi Yougoslave Autonome », mais personne n’aurait compris que c’était l’anniversaire de June

 

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