Equipe de Foot : ils sont deux, et ce sont deux attaquants

La première fois que je les ai vus en concert, je me suis quand même demandé : « mais qu’est-ce que c’est que ces deux mecs ? »… C’était à Barbey et ils chauffaient la salle pour la dernière date de la tournée d’Odezenne – en novembre 2016. Ils se sont aussi fait remarquer par leur reprise de Beyoncé (« Naughty Girl ») sur une compil du collectif bordelais Les Disques du Fennec – enregistrement brut de décoffrage mais succès en terme de clics – ou plus récemment en ouverture des Growlers au Krakatoa.

Ils jouent des chansons pop bien boostées en volume et en distorsion, et, oui, on dirait deux footballeurs (district départemental niveau 8).

Leur album autoproduit « Chantal » paraît le 6 octobre prochain, en LP et en digital.


Bon alors, les gars, quand et comment avez-vous fondé votre petit club ?
Alex :
Avec Mike on se connaît depuis six ou sept ans. On connaissait nos groupes respectifs. J’avais un groupe avec ma petite amie jusqu’au jour où elle m’a quitté. Je voyais Mike jouer dans d’autres groupes, et je le trouvais super. Je voulais faire un groupe avec lui, mais lui ne voulait pas, car il était déjà investi dans une dizaine de groupes. Un jour, il y a deux ans, il a proposé « Equipe De Foot » pour un de ses dix groupes, mais tout le monde lui a ri au nez, à sa grande déception, car il trouvait que c’était un super nom de groupe ! Je lui ai dit « vas y, on fait Equipe De Foot » et c’est comme ça que je l’ai alpagué, en me disant que je voulais bien qu’on joue sous ce nom.
Mike : Et l’autre groupe a splitté.

Vous aviez dès le départ ce projet de jouer en duo ?
Alex : On a commencé par répéter à deux, en se disant qu’avec un petit peu de technologie, plusieurs amplis etc. on arriverait à remplir le spectre sonore… De par notre expérience dans les autres groupes, avec un duo, tout va plus vite : on se parle, on met très vite en place les répétitions, les chansons, les plannings. Les décisions sont prises assez rapidement.

L’argent se partage en deux et non pas en trois…
Mike : On n’est pas exactement sur la problématique de l’argent à partager en ce moment ! Par contre on rentre à deux avec tout notre matos dans un Kangoo, ça c’est vrai.
Alex : Ça peut effectivement faire moins peur à certains programmateurs, mais ce n’était pas pensé à la base.

Le repérage par Odezenne, ça a vraiment participé à votre démarrage ?
Mike : Ça a absolument changé la vie du groupe et notre manière de penser. C’était à une époque où on était occupé avec beaucoup de groupes, notamment Girafes, et Equipe De Foot n’était que le groupe pour répéter le mercredi. On s’est inscrits au Tremplin Inter Quartiers de la ville de Bordeaux en se disant juste que c’était cool, ça allait nous faire jouer. C’est à cette occasion qu’Odezenne nous ont repérés. Du coup, ils nous ont fait faire des dates et ça nous a poussés à faire notre truc sérieusement ! Sans toutes ces dates, on n’aurait jamais mis tous nos espoirs dans le groupe à ce point. Même localement, les gens se sont mis à s’intéresser à nous : qui sont ces deux types ? Pourquoi ils font ça ? Pourquoi Odezenne les font jouer ? Alors qu’avant tout le monde s’en battait les couilles. On avait fait trois concerts avant ce tremplin, à L’Envers et à la Cocotte Electrique. Et les premiers concerts qu’ils nous ont fait faire, c’était au Nouveau Casino à Paris quatre soirs de suite, puis toutes leurs premières parties sur leur tournée européenne. Je pense même qu’on a été plus vite repérés à l’extérieur de Bordeaux qu’à Bordeaux !

Tout le monde doit vous demander si vous êtes animés d’un véritable amour pour le football ?
Alex : On n’y connaît rien.
Mike : C’est une blague totale.
Alex : Le foot est en-dehors de nos centres d’intérêt. On est intrigués par ces gens qui arrivent à crier et à pleurer pour ça.
Mike : On a fait un cinéconcert l’année dernière sur France-Italie 2000, et à cette occasion on avait interviewé des gens pour qu’ils nous racontent ce que le match représentait pour eux – tout le côté tragédie grecque et les « c’était énorme, mon père m’a pris dans ses bras » – et je les ai trouvés plus intéressants à regarder que le match, à la limite, auquel j’ai compris que dalle… On peut arriver à faire un parallèle émotionnel entre ce que ces gens vivent et ce que nous on essaye de faire en musique. Même si c’est un peu tiré par les cheveux, parce que le foot, en vrai, on s’en bat un peu les couilles.
Alex : Mais on a eu un article dans L’Equipe, une demi-page, et ça c’est la gloire.

Rien dans So Foot ?
Alex : On a essayé, mais ils ne nous répondent pas !

Vous jouez en maillots et chaussettes ?
Alex : On porte toujours des répliques de maillots de l’équipe de France, complètement moches et super mal taillés. Quand le public qui ne nous connaît pas nous voit arriver, comme ça, en maillots, il se dit « mais c’est quoi ces pinpins ? », et on envoie notre musique qui est assez puissante, et ça crée un décalage assez intéressant, ces deux espèces de Playmobil dans des habits de footballeurs trop grands pour eux en train d’envoyer du gros son…

Avez-vous un technicien son attitré ?
Alex : Absolument.

Est-il habillé en arbitre ?
Mike : Non, mais il a son maillot de foot avec son nom et son numéro floqués dans le dos.

C’est quoi son numéro ?
Mike : Le numéro 9.

Et vous-mêmes, vous êtes ?
Mike : Moi, je suis 19.
Alex : Je suis 23. Quand j’étais petit, j’étais fan de Michael Jordan, du coup j’ai pris son numéro.

Equipe de Foot - Copyright MARINE TRUITE (05)

Jusqu’où allez vous pousser la scénographie footballistique ?
Mike : On essaye de ne pas pousser trop loin. On a eu plein d’idées au début : mettre un arbitre, utiliser des samples de stade, utiliser un tapis de batterie en pelouse synthétique… Et en fait on s’est dit qu’il ne faudrait pas que ça devienne trop LOL. On s’appelle déjà Equipe de Foot, on a des maillots de foot, arrêtons-nous là : que les gens écoutent un peu la musique avant de nous prendre pour des clowns. Tout en reconnaissant que la source de blagues est assez illimitée.

Album Chantal (sortie le 6 octobre digital et vinyle distribution Modulor).

En concert :

A Paris :  au Café de la Danse le jeudi 12 octobre, pour le festival El Dorado.

A Bordeaux : release party au Void le vendredi 13 octobre, avec Penelope et The Mirrors.

Ailleurs dans la région Nouvelle-Aquitaine :

A Niort (L’Alternateur), avec Gâtechien, le samedi 4 novembre.

A Biarritz (L’Atabal), avec Lysistrata, le vendredi 8 décembre.

www.equipedefoot.fr

Propos recueillis à la Rockschool Barbey par Guillaume Gwardeath.

Photos : Marine Truite.

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