Sainté Rock : une bière à St-Etienne avec Pascal Pacaly

« Depuis 1989-1990, Saint-Etienne a eu une scène DIY/underground très active, avec ses hauts et ses bas bien sûr, mais je pense que la ville est aussi un peu connue pour ça dans le petit monde  du rock hexagonal »
Maz

Pascal Pacaly a publié Sainté Rock, une histoire écrite « après de longs et beaux moments passés avec les acteurs musicaux de la ville ».

Le livre fait se succéder des chapitres d’anecdotes et d’entretiens avec des personnages clé de l’aventure rock à Saint-Etienne, et avec quelques visiteurs.

Un sommaire plutôt éclaté, puisque ça va des souvenirs du rock’n’rolleur Chris Evans (« à ma connaissance les groupes style rock 50’s qui sévissaient n’existent plus« )  à l’activisme DIY de Silvain ex-Tranzophobia de La France Pue.

Du bon name dropping à la clé : Mad’s Co, Sauf Imprevu, Radio Dio, Fuckin Jo, Vömit For Breakfast, Sixpack, Perfect Cousins, Protex Blue, Spit, le zine 2000 Maniacs, le photographe Rara… Je crois qu’il ne manque que deux témoignages : Franck Violence et Bernard Lavilliers.

Perfect Cousins Sixpack.jpgPerfect Cousins et Sixpack dans leur salle de répétition (Sauf Imprévu) en 1995. Photo : Saint Etienne Rock Undergroud Archive


Je suppose que je ne suis pas le seul à te faire la remarque, mais j’ai immédiatement reconnu JBe, le bassiste des Burning Heads, en couverture du livre. Les Burning Heads sont d’Orléans.
Pascal Pacaly : Oui, il y a en beaucoup qui m’ont fait la remarque, forcément. Disons qu’avec ma petite expérience j’ai pensé que c’était mieux ainsi. J’ai écrit des livres dont la couv’ était l’un des artistes à l’intérieur… ce qui ne plaisait pas toujours aux autres ! Petites jalousies qui peuvent vite être casse-couille…Ainsi pour éviter les « Pourquoi t’as mis lui et pas moi ?», quelqu’un de neutre est mieux. De plus, la photo a été prise au Clapier, scène musicale bien connue des locaux : c’est une manière de dire que l’on sait bien accueillir chez nous !



Tu dis précisément de Sainté que c’est une ville qui accueille à bras ouverts. C’est ce que tu retiendrais le plus de cette ville ? Cette qualité des échanges humains que l’on sent bien à la lecture de tes témoignages…
C’est vrai qu’à Sainté, on est bien connu pour être assez ouverts, donc c’est naturel pour moi, et du coup c’est pas le truc que je vais forcément remarquer en premier. C’est juste normal. Je retiens cette histoire beaucoup plus riche qu’on le croit avec des groupes comme Ich Libido ou Internal Exil qui ont vraiment marqué l’histoire rock d’une certaine génération. Cette ville a toujours été rock avec un fort marqueur social, c’est ce qui fait un peu sa différence, sa solidarité. Le passé ouvrier, minier, c’est pas rien, ce sont la construction de valeurs que tu retrouves chez les artistes. C’est un côté fraternel, ne pas se la péter, sincère. On est de passage sur terre, alors trinquons à la vie !

Comment t’y es-tu pris pour écrire ton bouquin ? Tu as compilé tes souvenirs ? Tu es allé boire des coups avec tous ces acteurs, carnet de note en main ?
C’est tout à fait ça. La bonne excuse pour boire des bières, hein ! Après, ce qui est passionnant, c’est que chaque acteur local te dit un truc du genre «  y ’a un autre mec que tu devrais aller voir… ». Ça a duré trois ans… Et effectivement plus tu creuses, plus tu trouves de trésors… Par exemple, quand tu fais l’interview des Babylon Fighters, ça t’amène automatiquement à Krontchtadt Tapes et tout un pan de la culture alternative des années 80, avec par exemple une compile faite par le label stéphanois : Les héros du peuple sont immortels. Dans cette compile tu as OTH, Hot Pants, Les Rats, Les Porte-Mentaux, Les Thugs, LSD, Parabellum et bien d’autres… Ce n’est pas rien !

Si je te demande un petit Top 5 perso pour une playlist 100% stéphanoise, quels titres me citerais-tu ?
Ah ah, mais c’est trop dur de choisir, tu veux me fâcher avec ceux que je ne vais pas citer ? Bon, on va dire des groupes qui n’existent plus comme ça, hop… Donc Babylon Fighters, je pense LE groupe de Sainté, qui a marqué les esprits comme jamais ici… D’ailleurs, leur nouvelle dans le livre fait trois kilomètres tant il y avait de choses à dire… Allez je rajouterais d’aller découvrir Ich Libido, Internal Exil, les Raoul Volfoni et Laurence V8…et je rajouterais OTH, car ils y sont aussi, et ce pour la simple et bonne raison que je voulais un regard extérieur. Car là, on est entre nous, on se congratule, c’est super. Mais vu de l’extérieur, ça donne quoi Sainté ? OTH, c’est je pense LE groupe extérieur qui est venu le plus chez nous – et qui a enregistré un live ici, « Cœur et Cuir », dans des lycées, bars, salles diverses… J’ai pu retrouver Spi, leur chanteur et son analyse sur la ville est vraiment intéressante…

Pour tous ceux qui seraient amenés à faire un passage par Saint-Etienne, quel endroit tu conseillerais pour aller fouiner, passer un bon moment ou boire un coup ?
Là encore tu veux me fâcher avec les potes ! Le mieux c’est encore d’aller un peu partout ! Entre le Thunderbird, le Clapier, l’Entre-Pots, le disquaire Méli Mélodie, le Smoking Dog, la Friterie, tu peux commencer… et puis tu finis dans la rue des Martyrs de Vingré avec tous les autres bars et restos…Tu vas au stade après, et tu finis par un kebab…

Tu as intitulé le livre Sainté Rock. Au sommaire il y a Babylon Fighters, Babylon Circus, Dub Inc, Les Tit’Nassels, etc. Cela veut dire que tu as une vision du rock au sens large ?
Oui, mais pas que moi ! Tu prends la Dub Inc par exemple, au début les membres – avant que ce soit la Dub Inc- ont commencé par jouer du métal ! Babylon Circus a très souvent joué au Mistral, LE lieu rock des 80’s… Et c’est pareil pour beaucoup d’autres groupes…Après, faut pas être fermé… La Dub Inc, les Tit’Nassels, ce sont des histoires incroyables qui vont dans des lieux de la ville que tu redécouvres… Et puis c’est l’âme de Sainté, c’est un amour vis-à-vis de la ville qui se retrouve d’ailleurs dans leurs chansons qui parfois rendent hommage à la ville. Les artistes sont viscéralement attachés à cette ville. Ça ne s’explique pas, ou pas trop. C’est un peu comme si tu aimais ta femme dont tu sais que ce n’est pas la plus jolie… mais tu t’en fous, car tu sais tout ce qu’elle a fait pour toi et fera, que tu peux compter sur elle comme personne, qu’elle a toujours été sincère et sera toujours là pour toi. Tu l’aimes, parce que c’est elle… On est tous amoureux de Sainté, il faut y vivre pour comprendre… Viens ! Venez !

Sainté Rock est édité par Les Editions du Joyeux Pendu.

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