Objectif Climax : 32645 veggie burgers pour tous et 0,01% de décroissance pour chacun

La troisième édition du festival Climax va se tenir du 7 au 10 septembre prochain, sur l’agglo bordelaise, à cheval entre la Caserne Niel (Darwin) à Bordeaux et le Parc Palmer, à Cenon. Quand je dis « à cheval », c’est une expression, hein, même si je n’exclus pas de m’y rendre montant mon fier destrier, juste pour assurer un bon bilan carbone perso et bien entendu pour le plaisir de cravacher au passage quelques hipsters néo-bordelais : qui s’en priverait ?

RIDING GW

OK, on avait déjà présenté l’édition 2017 du festival Climax ici : barquettes de frites eco-responsables

Pour le journal Junkpage, j’ai eu le plaisir de poser quelques questions à Jean-Marc Gancille au sujet des enjeux de Climax.

Jean-Marc Gancille est co-fondateur de Darwin, et son directeur de la transition écologique. Il est en charge de la coordination générale du festival Climax, aux côtés de Philippe Barre (autre co-fondateur), Franck G. Bastiat (production) et de FX Levieux (direction artistique).

L’article complet est à retrouver dans le numéro de septembre de Junkpage, la Pravda de l’actu culturelle de Bordeaux et de sa région.

Je vous mets ci-dessous une petite preview, quelques questions/réponses que je n’ai pas caser dans le papier, un focus sur l’offre de restauration 100% végétarienne du festival, et une photo de Jean-Marc Gancille accompagnant un groupe d’amis à bouffer et hésitant visiblement sur quoi choisir au menu (veggie burger ou maïs grillé ?) :

CLIMAX Olivier Séguin 2

Quel est le but fondamental de Climax ?
Notre but, c’est de provoquer une mobilisation grand public sur la cause climatique, et de se servir de la musique comme d’un prétexte pour créer la prise de conscience que l’on espère autour de cet enjeu-là. Sans illusions sur le fait que, pour l’instant, beaucoup de gens viennent au festival pour d’autres raisons. Toutefois, soumis à un certain nombre de messages, de prises de paroles, d’aménagements, à une ambiance, ils peuvent être touchés par du fond, par une sorte de déclic qui pourrait les faire cheminer.

Cette prise de conscience qui est votre objectif, estimez-vous que le festival parvient à la déclencher ? Si tant est qu’il existe des outils à même d’évaluer le « taux de transformation » du festivalier moyen ?
C’est évidemment très difficile à mesurer. Il y a eu des vrais moments de bascule pour certains, notamment lorsque qu’un Edgar Morin ou un Hubert Reeves prend la parole. On a des témoignages, mais comment les mesurer ? En revanche, ce que l’on sait, c’est que même si on agit à la toute marge sur le festivalier, il chemine. Si dans sa vie quotidienne, l’année à venir, il ne modifie ne serait-ce que de 0,01 % son bilan carbone dans le sens de la décroissance, eh bien, rapporté au nombre de festivaliers, l’impact dû à l’organisation du festival lui-même est compensé. Cette estimation, extrêmement prudente, devrait être consolidée grâce à l’amélioration de notre capacité à transmettre notre message, aux artistes qui vont jouer le jeu, à la scénographie plus pertinente, à la qualité des conférenciers, experts et scientifiques des ONG intervenantes et aussi au choix du 100% végé sur cette édition !

DARWIN SFE FESTIVAL CLIMAX.jpg


Comment s’est imposé le choix du thème « alimentation et climat » de cette année  ?

Tout simplement par les discussions entre-nous. On voit aussi ce qui est susceptible de mobiliser les gens. La question du végétarisme, de la condition animale… Ce sont des débats qui font un peu le buzz sur les réseaux sociaux mais qui sont évidemment centraux  ! Ce que l’on bouffe, c’est de l’ordre de l’intime, mais cela a un impact immédiat sur l’écologie.et bien sûr sur la façon dont on traite les «  animaux non humains  ». Cela tombe très bien, avec la tenue des Etats Généraux de l’Alimentation.

C’est donc toi qui as décidé que l’offre de restauration serait 100% végétarienne dans le cadre du festival ?
Oui ! De la même façon que quand on parle de la sortie des énergies fossiles, on ne peut pas faire n’importe quoi quant à l’alimentation énergétique du festival, eh bien lorsqu’on parle de transition alimentaire et qu’on veut promouvoir des régimes moins impactant, il faut être cohérent. J’ai tâché de convaincre mes associés et collaborateurs qu’il fallait, symboliquement, franchir un pas et proposer des repas 100% végé. J’en suis super fier car je crois, à cette échelle, qu’il s’agit du premier festival en France, et peut-être même en Europe, à lancer ce pari et ce défi  !

Comment l’idée a-t-elle été accueillie ?
Vachement positivement par l’ensemble des acteurs de la restauration sur le site du festival, sans aucune moquerie ou levée de bouclier  : les food trucks, notre propre restaurant évidemment et aussi les caterings des artistes et des bénévoles. On se fait accompagner par L214, la fameuse ONG qui lutte pour la condition animale. Notre souhait, c’est privilégier une offre goûtue et sympa. J’espère que les festivaliers comprendront et apprécieront. Ce que l’on met dans notre assiette a un poids considérable. L’impact de l’industrie de la viande sur l’effet de serre est supérieur a celui des transports. C’est un domaine pour lequel on est tous capables d’agir directement, immédiatement et individuellement. Par des choix conscients. Evidemment, il s’agit de transition, et c’est à chacun d’y aller selon sa conscience et à son rythme  ! Ce que l’on revendique, c’est le symbole fort.

Tu as bien dit «  végétarien  »,  pas «  vegétalien  »…
Oui, c’est un premier pas qui est déjà très important. Le combat de L214, justement, ce serait plus de passer au tout végétalien. On y va «  step by step  ».

Lorsque vous programmez des artistes, exigez-vous une sorte de pré-requis quant aux enjeux que vous défendez, ou bien peu importe leur niveau d’engagement  ?
On est très largement perfectibles là-dessus  ! On ne connaît pas toujours les prises de position des artistes. On rêverait d’avoir la présence d’un Thome York de Radiohead par exemple, qui est quelqu’un de très engagé, ou de Massive Attack, sur les enjeux des migrants, mais les tarifs sont prohibitifs pour un festival tel que le nôtre, en plus des questions de disponibilité et de difficulté pour les toucher.

Au sein de la programmation, y a-t-il des artistes que tu ne voudrais absolument pas rater ?
Soyons franc : tout n’est pas ma came (moi, je suis plutôt branché post-rock) mais j’ai de la curiosité pour la plupart des artistes que nous avons programmés, à commencer par un petit coup de cœur nostalgique pour Morcheeba ! Et je dois avouer que j’adore retrouver sur scène tous les petits groupes locaux.

Propos recueillis en mangeant de délicieux burgers vegan au réfectoire du Magasin Général.

Photos du festival fournies par Climax.
Crédit photo noir et blanc : Olivier Seguin.

Ci-après, extraits du cahier des charges « restauration » fourni aux food trucks et autres prestataires :

CLIMAX FOOD 1CLIMAX FOOD 2

Climax
Du jeudi 7 au dimanche 10 septembre 2017
A Bordeaux (Darwin, Caserne Niel) et à Cenon (Parc Palmer).

>> www.climaxfestival.fr

PS : Vous aimez être touché par une sorte de déclic qui pourrait vous faire cheminer, les burgers vegan et y aller step by step ? Vous trouverez encore plus de news en suivant mes réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Instagram et Pinterest !

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